Bienvenue dans la troisième partie de notre série consacrée à la démystification des normes ASHRAE et à leur impact sur la qualité de l’air intérieur moderne.

Il est essentiel de bien maîtriser les normes de ventilation pour créer efficacement des logements sains. Dans la continuité de notre analyse des espaces commerciaux, cet article se concentre sur les bâtiments résidentiels soumis à la norme ASHRAE 62.2. Découvrez comment calculer les débits d’air continus, gérer les exigences en matière de ventilation locale et maîtriser les coûts des services publics grâce à la technologie de récupération d’énergie.

Un article de blog destiné aux ingénieurs, aux entrepreneurs et aux propriétaires sur la norme ASHRAE 62.2 (la norme relative aux débits d'air dans les logements).

Dans la troisième partie de la série ASHRAE, le guide relatif à la norme 62.2 présente les normes de qualité de l’air intérieur dans les logements, les débits de ventilation continus par logement et les exigences en matière de ventilation par aspiration locale.

Les techniques modernes de construction résidentielle ont révolutionné l’efficacité énergétique. Grâce à des systèmes avancés d’étanchéité, d’isolation et d’enveloppes de bâtiment hermétiques, ces logements modernes conservent bien mieux l’air climatisé que les logements plus anciens.

Cependant, les logements hermétiques dépourvus d’une ventilation adéquate entraînent un effet secondaire grave : la rétention des polluants de l’air intérieur. Des COV à l’excès d’humidité, l’EPA indique que les concentrations de polluants de l’air intérieur peuvent être deux à cinq fois supérieures à celles de l’air extérieur. Si rien n’est fait, ces contaminants piégés circulent en permanence. Cela entraîne un air vicié, des odeurs persistantes et des problèmes de santé tels que des maux de tête et des irritations respiratoires directement liés au syndrome des bâtiments malsains (SBS).

Afin de lutter contre l’étanchéité excessive des enveloppes de bâtiments et le syndrome de l’immeuble malade (SBS), des experts en ingénierie ont analysé les besoins en ventilation des logements et établi des valeurs de référence spécifiques pour la qualité de l’air intérieur. Ces experts ont élaboré les normes ASHRAE 62.1 et 62.2 afin de définir des débits de ventilation minimaux garantissant une circulation d’air saine dans les espaces commerciaux et résidentiels.

Dans la première partie de notre série, nous avons expliqué le fonctionnement de la procédure relative au débit de ventilation (VRP) prévue par la norme 62.1. Dans cette deuxième partie, nous nous intéressons aux environnements résidentiels : la norme ASHRAE 62.2 (Ventilation et qualité de l’air intérieur acceptable dans les bâtiments résidentiels).

Voyons comment fonctionne la norme 62.2, comment calculer les besoins en débit d’air et pourquoi la technologie de récupération d’énergie peut constituer la solution idéale pour des logements sains et économes en énergie.

La solution à la pollution, c’est la dilution

Pour améliorerla qualité de l’air intérieur (QAI), les spécialistes du bâtiment s’appuient sur un principe fondamental : la solution à la pollution réside dans la dilution. Le remplacement de l’air intérieur vicié et contaminé par de l’air frais provenant de l’extérieur permet de diluer en permanence les concentrations de polluants.

Cependant, la dilution de l’air intérieur représente un défi majeur pour les bâtiments. L’introduction directe d’air extérieur non traité à l’intérieur nuit au confort des occupants et augmente les coûts énergétiques. Le chauffage de l’air froid en hiver ou le refroidissement de l’air humide en été oblige les systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation à fonctionner à plein régime.

Pour se conformer efficacement aux normes ASHRAE 62.2, les maîtres d’œuvre et les ingénieurs doivent évaluer différentes stratégies de ventilation. Chaque approche traite différemment l’apport d’air extérieur, l’évacuation de l’air intérieur et l’efficacité énergétique.

Calcul de la ventilation minimale requise pour votre logement

La norme ASHRAE 62.2 propose une formule simple permettant de calculer les besoins en débit d’air extérieur continu. Ce débit de ventilation de référence dépend de la surface au sol totale du logement et du nombre de chambres.

Le calcul standard du débit d’air continu repose sur l’équation suivante :

Débit d’air (CFM) = (0,03 × surface au sol) + 7,5 × (nombre de chambres + 1)

Les deux termes de cette formule correspondent à des sources de pollution distinctes :

  • Surface au sol (0,03 CFM par pied carré) : tient compte des émanations de fond continues provenant des matériaux de construction, des revêtements et du mobilier.
  • Nombre d’occupants (7,5 CFM par personne) : tient compte de l’activité humaine, en partant du principe qu’il y a deux occupants dans la chambre principale et un dans chaque chambre supplémentaire.

Exemple de calcul concret

Prenons l’exemple d’une maison de 2 500 pieds carrés comprenant 3 chambres :

Airflow = (0.03 × 2,500) + 7.5 × (3 + 1)
Airflow = 75 + 30 = 105 CFM

Dans cet exemple, la maison nécessite un apport continu d’air frais extérieur de 105 CFM pour être conforme à la norme ASHRAE 62.2.

Une fois que vous avez déterminé le débit d’air dont votre logement a besoin, vous devez choisir une solution pour l’assurer. Les constructeurs et les propriétaires ont généralement le choix entre cinq grandes méthodes de ventilation.

Pourquoi les responsables de la réglementation et les ingénieurs font confiance au VRP

La méthode du débit de ventilation reste la solution par défaut pour les conceptions mécaniques, et ce pour trois raisons principales :

  1. Conformité simple aux normes : Les codes de construction locaux (notamment l’IMC et l’IBC) fondent leurs exigences en matière de permis pour les installations techniques directement sur les règles VRP de la norme ASHRAE 62.1.

  2. Dilution des polluants intérieurs : Selon l’EPA, l’air intérieur est souvent deux à cinq fois plus pollué que l’air extérieur. Des études ont montré qu’une mauvaise qualité de l’air intérieur peutnuire à la santé des occupants, endommager les infrastructures du bâtiment et réduire la productivité. Un apport continu d’air frais est essentiel pour diluer les contaminants nocifs présents dans l’air intérieur, notamment le CO₂, les COV, les bactéries et les moisissures.

  3. Avantages en matière de santé et de productivité : des taux de ventilation plus élevés sont directement liés à de meilleures performances cognitives, à une diminution des arrêts maladie et à une réduction de la transmission des agents pathogènes dans les espaces commerciaux, comme l’explique en détail le Centre de ressources sur la qualité de l’air intérieur (QAI) de l’EPA dédié aux bâtiments.

Comparaison des stratégies de ventilation : comment assurer le débit d’air requis

Une fois le débit d’air de référence (CFM) requis déterminé, il convient de choisir une stratégie de conception permettant d’assurer un apport continu d’air extérieur. Les maîtres d’œuvre et les entrepreneurs en génie climatique évaluent généralement cinq méthodes de ventilation principales.

Stratégie de ventilationFonctionnementConsidérations relatives aux performances et à l’efficacité
Ventilation naturelle (« évanouissement de la maison »)Repose sur l’ouverture des fenêtres et des portes, ou sur les fuites de l’enveloppe du bâtiment, pour assurer la circulation de l’air.Manque de régularité et dépendance vis-à-vis des conditions météorologiques. Cela entraîne un gaspillage d’énergie conditionnée et ne permet pas de garantir une conformité permanente aux normes.
Extraction seuleLes ventilateurs d’évacuation en continu aspirent l’air intérieur, créant ainsi une pression négative dans le bâtiment.Ils aspirent de l’air extérieur non traité et non filtré par les fissures des murs, les vides sanitaires et les fuites structurelles.
Alimentation seuleUn ventilateur dédié injecte de l’air extérieur dans le système CVC central, créant ainsi une surpression.Cela provoque la fuite de l’air intérieur vers l’extérieur par les fissures de l’enveloppe du bâtiment. Par temps froid, cela peut entraîner la formation de condensation et le développement de moisissures dans les cavités murales.
Ventilateur à récupération de chaleur (VRC)Système équilibré d’admission et d’évacuation d’air qui transfère la chaleur (énergie sensible) entre les flux d’air.Il permet de récupérer l’énergie thermique dans les climats froids, mais ne permet pas de gérer le transfert d’humidité pendant les mois d’été chauds et humides.
Ventilateur à récupération d’énergie (ERV)Un système équilibré d’admission et d’évacuation qui transfère à la fois la chaleur et l’humidité (énergie sensible et latente).Le choix par excellence. Il régule l’humidité tout au long de l’année, pré-traite l’air extérieur entrant et optimise l’efficacité énergétique dans tous les climats.

Pourquoi la ventilation à récupération d’énergie constitue-t-elle la meilleure solution ?

Pour répondre aux exigences de la norme ASHRAE 62.2 en matière de débit d’air continu, il est nécessaire d’adopter une approche fiable et économe en énergie. Les échangeurs de chaleur à récupération de chaleur (ERV) RenewAire offrent des avantages opérationnels distincts, tant pour les constructions neuves que pour la rénovation de logements existants :

  • La technologie à plaques statiques garantit l’absence totale de pièces mobiles dans le noyau : contrairement aux roues rotatives mécaniques qui s’usent avec le temps, les noyaux enthalpiques à plaques statiques ne contiennent aucune pièce mobile. Grâce à cette conception, la contamination croisée entre les flux d’air est pratiquement nulle, ce qui garantit plusieurs décennies de transfert d’énergie sans entretien.
  • Récupération d’énergie latente et sensible tout au long de l’année : les unités de récupération d’énergie régulent les niveaux d’humidité pendant les mois d’été étouffants et préservent l’humidité pendant les saisons hivernales sèches. La gestion de l’humidité permet d’éviter que l’air intérieur ne devienne trop sec, de protéger les boiseries intérieures et de réduire les charges de refroidissement globales du système de chauffage, de ventilation et de climatisation.
  • Options polyvalentes de modernisation et d’installation : Si les systèmes d’évacuation centralisés sont idéaux pour les constructions neuves, les logements existants peuvent facilement être modernisés. Grâce à une configuration d’évacuation générale (dérivation partielle), un récupérateur de chaleur (ERV) se raccorde directement au réseau de conduits de retour de la chaudière ou du climatiseur existant, tout en utilisant les chemins de conduits déjà en place dans le logement.
  • Installation simplifiée sans bacs de récupération : contrairement aux VRC qui nécessitent des conduites de condensation et des bacs de récupération, les VRE RenewAire traitent l’humidité sous forme de vapeur. Cela élimine les risques de gel des conduites de drainage en hiver et permet un montage flexible dans différentes orientations.
  • Contrôle précis du débit d’air : les modèles modernes de VRE, tels que les séries EV Premium et SL, sont équipés de moteurs à commutation électronique (EC) à vitesse variable. Les commandes variables permettent aux installateurs de régler avec précision les débits cibles en CFM, garantissant ainsi une conformité exacte sans surventilation ni gaspillage d’énergie.
  • Performances en matière de qualité de l’air validées par le DOE : selon les essais publiés dans une étude du ministère américain de l’Énergie (DOE) (BA-1309), la ventilation ERV équilibrée surpasse nettement les systèmes d’évacuation à point unique en fournissant un air d’appoint propre et filtré et en atteignant les niveaux les plus bas de composés organiques volatils totaux (COVT).

Systèmes d’aspiration localisés, règles applicables aux immeubles collectifs et directives supplémentaires en matière de conformité

La ventilation continue par unité d’habitation ne représente qu’une partie de la norme ASHRAE 62.2. Pour garantir une conformité totale, il est nécessaire de prendre en compte les polluants spécifiques à chaque source, les transferts d’air entre logements collectifs et les essais des systèmes.

Exigences en matière de ventilation locale pour les cuisines et les salles de bains

Outre un débit d’air de base continu, la norme 62.2 impose la mise en place d’un système d’extraction localisé dédié aux zones à forte concentration d’humidité et de contaminants :

  • Cuisines : un débit d’évacuation intermittent d’au moins 100 CFM via une hotte de cuisine à régulation en fonction de la demande, ou un renouvellement d’air continu de 5 ACH, est requis. Les hottes de cuisine doivent avoir fait l’objet d’essais et être homologuées en termes de débit d’air et de niveaux sonores (sones).
  • Salles de bains : Nécessite une ventilation par extraction intermittente de 50 CFM fonctionnant à la demande, ou une ventilation par extraction continue de 20 CFM fonctionnant 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Immeubles collectifs et compartimentage

Les immeubles collectifs posent des défis particuliers en matière de qualité de l’air intérieur en raison des murs, plafonds et vides techniques communs. La norme 62.2 traite des transferts d’air entre les logements adjacents en imposant des règles strictes de compartimentage.

Les enveloppes des logements doivent faire l’objet de tests d’étanchéité afin d’empêcher la fumée de tabac, les odeurs de cuisine et les polluants atmosphériques de se propager d’un logement à l’autre. Les systèmes de ventilation équilibrés, tels que les récupérateurs de chaleur (ERV) installés au niveau de chaque logement, sont vivement recommandés dans les constructions collectives afin d’éviter les déséquilibres de pression susceptibles de provoquer des fuites entre les logements.

Vérification du débit d’air et essais du système

Les spécifications écrites et les caractéristiques nominales des ventilateurs ne suffisent pas à elles seules à garantir la conformité. La norme 62.2 exige une mesure vérifiée du débit d’air lors de l’installation du système.

Les installateurs doivent mesurer le débit d’air fourni à l’aide d’une hotte de mesure, d’une grille de mesure ou d’un sac étalonné afin de vérifier que l’appareil fournit le débit en CFM spécifié aux pressions statiques de l’installation.

Conclusion : Assurer une qualité de l’air intérieur saine et économe en énergie dans les logements

Les pratiques de construction modernes exigent une approche équilibrée en matière de qualité de l’air intérieur. Les logements étant de plus en plus étanches à l’air pour économiser l’énergie, la ventilation mécanique n’est plus une option, mais une nécessité.

La norme ASHRAE 62.2 fournit une feuille de route précise pour la création d’environnements résidentiels sains. En fixant des objectifs minimaux clairs en matière de débit d’air et en formulant des recommandations relatives à la ventilation locale par aspiration pour les zones à forte humidité, cette norme contribue à préserver l’intégrité structurelle des bâtiments et la santé humaine.

Atteindre ces objectifs de ventilation ne nécessite pas de faire l’impasse sur l’efficacité énergétique. Les ERV RenewAire assurent le débit d’air extérieur nécessaire tout en pré-conditionnant l’air entrant. Dotés de la technologie des plaques statiques, d’un cœur sans pièces mobiles et d’une grande flexibilité d’installation a posteriori, nos ERV constituent une solution fiable et économique pour garantir la qualité de l’air intérieur à long terme.

Foire aux questions (FAQ) concernant la norme ASHRAE 62.2

La norme ASHRAE 62.2 définit les débits de ventilation minimaux et les exigences en matière de qualité de l’air intérieur applicables aux maisons individuelles et aux immeubles résidentiels de faible hauteur, afin de protéger la santé des occupants et de réduire au minimum les polluants intérieurs.

Ces deux systèmes assurent une ventilation équilibrée, mais répondent à des besoins climatiques différents. Les VRC fonctionnent efficacement dans les climats froids pendant les mois les plus frais en transférant la chaleur sensible. Les VRE s’avèrent particulièrement performants dans la plupart des zones climatiques en tant que systèmes toutes saisons, car ils transfèrent à la fois la chaleur et l’humidité (énergie latente) afin de réguler l’humidité en été et d’éviter la sécheresse en hiver.

Oui. Les récupérateurs de chaleur (ERV) permettent une installation a posteriori selon une configuration à évacuation générale (dérivation partielle). Cette méthode consiste à raccorder directement l’ERV au réseau de conduits de retour d’air existant de la chaudière ou du climatiseur, ce qui évite d’avoir à percer les murs.

Pour découvrir les possibilités de modernisation avec un système ERV RenewAire, veuillez contacter l’équipe d’assistance technique commerciale ou trouver un représentant RenewAire près de chez vous.

La ventilation mécanique continue est la méthode idéale, car elle assure un apport constant et prévisible d’air frais permettant de diluer les polluants 24 heures sur 24. La norme 62.2 autorise un fonctionnement intermittent, mais cela nécessite de faire fonctionner le système à un débit d’air plus élevé pendant les cycles de fonctionnement afin d’atteindre les objectifs quotidiens de renouvellement d’air total.

Pour déterminer les besoins en débit d’air total ou découvrir les solutions de ventilation adaptées aux projets résidentiels, consultez la page de ressources consacrée à la gamme ERV résidentielle de RenewAire.

La norme 62.2 impose l’installation d’un système d’aspiration local à débit régulé en fonction de la demande dans les zones à forte concentration de fumées : un débit minimum de 100 CFM pour les hottes de cuisine et de 50 CFM en mode intermittent (ou 20 CFM en mode continu) pour les salles de bains.