La ventilation à récupération d’énergie n’est pas un concept nouveau, mais son rôle dans les bâtiments actuels prend de plus en plus d’importance.

Lors du salon AHR Expo 2026, Scott Forest, président de RenewAire, s’est joint à Ken Nelson, de Panasonic, et à Trevor Schick, d’AIIR Holdings, pour une table ronde d’experts animée par ASHRAE Journal , Drew Champlin. La discussion a porté sur l’évolution de la ventilation et de la récupération d’énergie, l’état actuel de l’adoption des systèmes ERV et les opportunités immédiates qui s’offrent au secteur du CVC.

Dans la première partie de notre tour d’horizon, nous examinons les lacunes actuelles en matière de sensibilisation à la récupération d’énergie (ERV), nous démystifions les idées reçues courantes sur le climat et nous expliquons en détail comment la récupération d’énergie permet de réaliser d’importantes économies financières et matérielles dans toutes les applications.

Illustration tirée de la table ronde « RenewAire 2026 » du salon AHR Expo, mettant en scène Scott Forest qui évoque l'évolution des récupérateurs de chaleur (ERV) dans les systèmes CVC modernes

Les lacunes persistantes en matière de sensibilisation aux VRE

Malgré les avantages économiques et environnementaux évidents des ventilateurs à récupération d’énergie (ERV), les intervenants ont convenu que leur adoption restait inégale. En fin de compte, le manque généralisé de sensibilisation du secteur et de compréhension technique reste le principal obstacle à l’intégration de la récupération d’énergie dans la conception moderne des systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation (CVC).

Scott Forest, de RenewAire, a souligné le contraste saisissant entre le marché américain et les marchés internationaux tels que le Canada et l’Europe, où les codes de construction imposent généralement la ventilation à récupération d’énergie. Alors que la plupart des conceptions de bâtiments nord-américains se réfèrent aux normes ASHRAE 62.1, 62.2 et 90.1, ces références ne sont pas universellement imposées au niveau fédéral. Au contraire, leur adoption à l’échelle du pays reste un « patchwork » dicté par un enchevêtrement de codes énergétiques variés, tant au niveau des États qu’au niveau local.

Au-delà des lacunes réglementaires, les occupants des bâtiments et les propriétaires d’installations manquent souvent de connaissances de base sur cette technologie. M. Forest a illustré ce point en racontant une anecdote concernant sa visite chez un ami qui venait d’emménager dans une nouvelle maison. Alors qu’il lui faisait visiter les lieux, son ami a désigné un appareil RenewAire fixé au mur de la buanderie et a demandé à M. Forest de quoi il s’agissait et comment cela fonctionnait.

Ni le constructeur ni l’installateur n’avaient pris le temps d’expliquer ce qu’était le système de ventilation à récupération d’énergie (ERV) ni pourquoi il avait été installé. En omettant d’expliquer le rôle de l’ERV au sein du système global de chauffage, de ventilation et de climatisation (CVC), ils ont manqué une occasion cruciale d’informer le propriétaire sur l’importance de cet équipement pour garantir un logement sain et économe en énergie.

Démystifier les idées reçues sur le climat : les ERV fonctionnent en toute saison, partout

Pour combler ce manque de connaissance, il faut tordre le cou à un mythe tenace dans le secteur du chauffage, de la ventilation et de la climatisation : celui selon lequel les ERV ne seraient que des produits saisonniers, limités à certaines zones climatiques. Comme l’a souligné le panel, cette idée fausse se manifeste en réalité sous la forme de deux mythes régionaux opposés :

  • Dans les climats méridionaux : la conviction que la ventilation à récupération d’énergie n’est bénéfique que pendant les hivers glacials du Nord.

  • Dans les climats nordiques (et au Canada) : la conviction que les ERV ne peuvent pas résister au froid extrême, ce qui conduit les concepteurs à privilégier par défaut les ventilateurs à récupération de chaleur (HRV).

Le groupe d’experts a réfuté ces deux hypothèses, en soulignant que le choix d’un système de ventilation à récupération de chaleur (HRV) dans les régions du nord ne permet pas de tirer pleinement parti de son rendement énergétique tout au long de l’année. Pour comprendre pourquoi, il faut examiner la manière dont chaque technologie gère le transfert d’énergie :

  • VRC : Ne transfère que la chaleur sensible (température) à travers son noyau. Si un VRC récupère de l’énergie thermique pendant les hivers secs et glacials, il n’offre aucun avantage en termes de performances pendant les mois d’été chauds et humides, car les VRC ne transfèrent pas l’humidité latente.

  • ERV : Transfère à la fois la chaleur sensible et la chaleur latente (humidité) à travers un noyau perméable. Ce transfert enthalpique permet une véritable récupération d’énergie tout au long de l’année :

    • En hiver : il préchauffe l’air froid entrant tout en conservant l’humidité intérieure indispensable pour éviter que les pièces ne deviennent inconfortablement sèches.

    • En été : il tempère l’air chaud et humide entrant et élimine l’excès d’humidité avant même qu’il n’atteigne le serpentin de refroidissement principal.

Dans les États du sud chauds et humides, comme la Floride, les systèmes de climatisation consomment une grande partie de leur énergie simplement pour éliminer l’humidité de l’air extérieur entrant. La récupération de cette charge latente au niveau de l’entrée de l’ERV réduit considérablement la demande énergétique de pointe en refroidissement pendant les étés caniculaires, tout en garantissant des performances optimales lors des épisodes de gel que ces régions connaissent chaque hiver. Par ailleurs, les installations du nord équipées de VRE bénéficient d’un pré-refroidissement et d’une déshumidification essentiels en été, que les VHR traditionnels ne peuvent tout simplement pas assurer.

Même dans les zones climatiques plus tempérées, la nécessité d’une ventilation équilibrée reste essentielle. Comme l’a résumé M. Forest au cours de la discussion, « cela ne signifie pas pour autant que, dans les climats tempérés, vous ne réalisiez pas également des économies d’énergie ».

L’avantage financier : générer des économies d’investissement et d’exploitation

Comprendre les mouvements d’humidité est essentiel pour saisir les avantages financiers liés à la ventilation à récupération d’énergie. En récupérant l’énergie enthalpique totale qui, sans cela, s’échapperait par les flux d’évacuation, les systèmes de ventilation à récupération d’énergie (ERV) offrent des avantages financiers significatifs et mesurables :

  • Réduction des coûts d’exploitation (OpEx) : les systèmes ERV RenewAire, par exemple, permettent de réaliser jusqu’à 70 % d’économies sur les coûts énergétiques liés à la ventilation, avec un délai de rentabilité souvent inférieur à deux ans.

  • Réduction des coûts d’investissement initiaux (CapEx) : le préconditionnement de l’air extérieur entrant réduit considérablement les pics de charge de chauffage et de climatisation. Cette réduction de charge permet aux ingénieurs concepteurs et aux entrepreneurs de prévoir des équipements de climatisation de plus faible puissance et des chaudières de plus petite capacité. La réduction de la taille des équipements CVC principaux compense le prix d’achat initial du système ERV, ce qui préserve les marges bénéficiaires des entrepreneurs et réduit les dépenses de construction initiales pour les promoteurs.

  • Augmentation de la valeur immobilière : la réduction des factures de charges courantes permet d’accroître le revenu net d’exploitation (NOI) d’un établissement commercial, ce qui renforce directement la valorisation à long terme de l’actif pour les propriétaires de l’immeuble.

Combler le fossé : une formation sur mesure pour l’ensemble du secteur

Les intervenants ont fait valoir que, pour que ces avantages se traduisent par une adoption généralisée, il fallait mettre en place une communication sur mesure qui réponde directement aux priorités spécifiques de chaque acteur du secteur :

  • Ingénieurs concepteurs : Données techniques démontrant comment la récupération d’énergie facilite la mise en conformité avec les normes (ASHRAE 62.1 et 62.2) et permet de réduire la puissance nominale des équipements primaires.

  • Entrepreneurs et constructeurs : des conseils pratiques pour une installation simplifiée et expliquant comment la réduction de la puissance des systèmes CVC principaux compense les coûts d’équipement afin de préserver la compétitivité des offres.

  • Propriétaires et promoteurs immobiliers : des arguments financiers illustrant comment la baisse des factures d’énergie réduit les coûts d’exploitation quotidiens, améliore la rentabilité et augmente la valeur à long terme du bien immobilier.

  • Propriétaires et occupants : des explications claires et accessibles sur la manière dont la ventilation continue protège la santé, régule l’humidité et améliorela qualité globalede l’air intérieur (QAI).

Comme l’a souligné Ken Nelson, de Panasonic, lors de la table ronde, chaque partie prenante évalue les systèmes du bâtiment selon un point de vue différent ; les propositions de valeur doivent donc correspondre directement à leurs objectifs spécifiques.

À venir dans la 2e partie

Dans la deuxième partie de notre récapitulatif, nous examinerons la prochaine vague d’adoption des systèmes de récupération d’énergie, en mettant l’accent sur la gestion des phénomènes météorologiques extrêmes, la promotion de la décarbonisation et de l’électrification, ainsi que l’intégration des systèmes de récupération d’énergie (ERV) dans les systèmes modernes de gestion technique des bâtiments (GTB).

Regardez l’intégralité de la table ronde :

Accédez à la vidéo complète de la table ronde ainsi qu’aux transcriptions sur notre page dédiée aux tables rondes de l’AHR Expo.

Foire aux questions (FAQ)

La table ronde organisée lors du salon AHR Expo 2026 a souligné que les ventilateurs à récupération d’énergie (ERV) ne sont plus des produits de niche saisonniers ou régionaux, mais des composants essentiels de la conception moderne des systèmes CVC. Parmi les principaux enseignements, citons la manière dont le transfert d’énergie enthalpique permet de gérer l’humidité latente dans tous les climats, la façon dont le pré-conditionnement de l’air de ventilation permet de réduire la taille des équipements principaux (ce qui diminue à la fois les dépenses d’investissement et les coûts d’exploitation), ainsi que la nécessité cruciale d’une formation à l’échelle du secteur, destinée aux ingénieurs, aux entrepreneurs et aux propriétaires de bâtiments.

(Remarque : pour visionner l’intégralité des tables rondes du salon, veuillez vous rendre sur le site officiel de l’AHR Expo.)

La ventilation à récupération d’énergie a occupé le devant de la scène lors du salon AHR Expo 2026 en raison des mises à jour strictes apportées aux codes énergétiques régionaux, tels que le Titre 24 de Californie et le « Stretch Code » du Massachusetts— ainsi que du renforcement des normes relatives à la qualité de l’air intérieur (QAI), comme la la norme ASHRAE 241 (Contrôle des aérosols infectieux). Les intervenants ont souligné qu’à mesure que les enveloppes des bâtiments modernes deviennent plus étanches, les systèmes de ventilation à récupération d’énergie (ERV) constituent la solution la plus rentable pour fournir en continu de l’air frais extérieur sans surcharger les systèmes principaux de chauffage et de climatisation ni augmenter les coûts d’exploitation.

Bien que le programme officiel des tables rondes de l’AHR Expo 2027 soit encore en cours de finalisation, il est désormais confirmé que RenewAire interviendra au « New Product Theater » !

Rejoignez Timin Musallam, responsable de la gestion des produits chez RenewAire, le mardi 26 janvier 2027, de 11 h 15 à 11 h 35 CST (salle B, hall sud) au McCormick Place de Chicago. Il présentera les solutions avancées de contrôle du givre des EVR et des options de préchauffage électrique intégrées en usine pour une meilleure résistance aux climats froids. N’oubliez pas d’ajouter cette session à votre agenda du salon AHR et de passer nous voir au stand S7777 pour découvrir nos produits et rencontrer notre équipe commerciale !

Un VRC (ventilateur à récupération de chaleur) ne transfère que la chaleur sensible (température) à travers son noyau, ce qui le rend adapté aux conditions sèches et glaciales où la récupération de l’humidité n’est pas nécessaire. Un ERV, ou ventilateur à récupération d’énergie, transfère à la fois la chaleur sensible et la chaleur latente (humidité) à travers un noyau enthalpique, ce qui permet de réguler l’humidité aussi bien en été qu’en hiver pour une véritable récupération d’énergie tout au long de l’année.

Pour en savoir plus sur ce sujet, consultez les ressources suivantes de RenewAire :